SARASANI : comment as-tu « planifié » ta carrière scoute ?
Matthias Gerth / Fäger : outre mon engagement personnel, j’ai bénéficié du soutien de personnes qui m’ont coaché et offert des opportunités. Par exemple, on m’a demandé au cours Panorama si j’aimerais co-diriger le camp international EuroJam en 2005. Je n’ai pas hésité !
Quel est l’aspect du scoutisme international qui t’a fasciné et te fascine aujourd’hui encore ?
La collaboration culturelle ! J’ai vraiment pris goût au scoutisme international au Jamboree de 2007 en Angleterre et à la Conférence mondiale de 2008 en Corée du Sud ! J’ai posé ma candidature pour l’OMMS en 2010 et j’ai rejoint deux groupes de travail chargés de tâches organisationnelles.
Tu as participé à la gestion opérationnelle de l’OMMS jusqu’en 2019. Comment en es-tu venu à ta position stratégique ?
Barbara Blanc / Fiffan, qui était présidente du Mouvement Scout de Suisse (MSdS) à l’époque, m’a demandé si j’avais déjà songé à me porter candidat au comité européen. J’ai d’abord été surpris, mais j’ai rapidement décidé de présenter ma candidature. J’ai été élu au comité lors de la Conférence européenne de 2019 à Split. Trois ans plus tard, j’ai été réélu à Rotterdam. Pendant mon deuxième mandat, j’ai même eu le privilège de présider le comité.
Tu as été témoin du « Jamboree catastrophe » de 2023 en Corée du Sud. Quelle est ton opinion à ce sujet ?
En tant que président du bureau européen, j’étais également membre du comité mondial et de ce fait, aux premières loges – même si je n’étais pas sur place. En y réfléchissant bien, je pense qu’il y a déjà eu des capotages pendant la procédure de sélection du pays organisateur (la Corée du Sud ou la Pologne). Et je trouve légitime de s’interroger sur la pertinence écologique et économique d’un camp dont les 40 000 participant·e·s arrivent (presque) tou·te·s en avion. D’un autre côté, ces Jamborees augmentent la visibilité de l’OMMS et sont des expériences fantastiques pour les participant·e·s.
Quelles leçons le bureau européen de l’OMMS en a-t-il tiré ?
Les associations ont adopté une stratégie événementielle lors de la Conférence mondiale de 2024. C’était un premier pas important. En Europe, les leçons tirées du Jamboree nous ont été utiles pour l’organisation du Roverway 2024 en Norvège. Nous tenions à offrir une expérience positive aux participant·e·s !
Tu t’es engagé pendant de nombreuses années au niveau international. Rétrospectivement, de quoi es-tu fier ?
J’ai pu contribuer à une approche plus stratégique et une meilleure planification à long terme des associations membres. Les décisions ad hoc doivent être remplacées par des objectifs à long terme. Pour y parvenir, nous avons dû montrer les avantages d’une approche stratégique et y former les responsables des associations. J’ai également participé à l’introduction de la nouvelle norme de qualité axée sur le « Global Support Assessment Tool (GSAT) ».
Quel est l’objectif de cette norme de qualité ?
Il faut éviter que certaines connaissances scoutes soient détenues par une seule personne car il existe alors un risque important que ces connaissances se perdent quand la personne quitte le mouvement. Il est préférable de les compiler au sein de l’organisation pour ne pas devoir repartir de zéro, d’où l’assurance qualité avec le GSAT.
En raison de la limitation des mandats, tu as dû cesser tes activités à l’OMMS en juillet dernier. Est-ce que cela t’attriste ?
Mes camarades me manquent mais la limitation des mandats a sa raison d’être. Toutefois, je pense qu’un mandat de quatre ans serait préférable à la durée actuelle de trois ans car tout chambouler – c’est-à-dire modifier les structures – prend du temps. Et sur la fin, j’ai trouvé la politique scoute un peu fatigante. La Fête Folk Scoute (FFS) 2025 à Winterthour m’a aidé à récupérer juste après mon départ de l’OMMS.
De quoi es-tu reconnaissant ?
À 47 ans, j’ai pu passer de nombreuses années avec des jeunes qui m’ont inspiré et j’ai visité plus de 50 pays. C’est un énorme privilège !
Qu’est-ce que l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (WOSM) Europe ?
La direction stratégique de l’association européenne fait partie de l’association mondiale OMMS. Elle encadre 47 associations de membres nationales réunissant plus de deux millions de scout·e·s. La Région Européenne de l’OMMS n’agit pas seulement au niveau européen, mais soutient également les projets des associations nationales. Elle a notamment participé à la mise en place des structures scoutes en Albanie et collaborera étroitement avec le Mouvement Scout de Suisse (MSdS) pour l’organisation du Roverway 2028, qui se déroulera dans notre pays.









